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11 mai 2009

Progression du secteur téléphonique guinéen sur fond de concurrence


GUINEE CONAKRY


L’année 2000, période à laquelle il fallait débourser un million de francs guinéens (152 euros) pour obtenir une carte SIM, est passée dans les annales de l’histoire en Guinée. Depuis trois ans, le secteur de téléphonie a connu une progression fulgurante. Avec, à la clé, l’amélioration de la qualité des services et l’explosion du nombre d’abonnés.


Si les abonnements ne posent plus un problème à la clientèle, parce que la carte SIM se monnaie aux coins de rue entre 6000 et 10 000 francs guinéens, les sociétés (Sotelgui, Areeba, Orange Guinée, Intercel Plus et Cellcom) se retrouvent confrontées à un défi : fidéliser le client prêt à changer d’opérateur à tout moment.


Investissements lourds


L’interconnexion, autrefois goulot d’étranglement, est rétablie. Mais les cinq opérateurs ne se font pas de cadeau. Toutes les stratégies sont élaborées pour attirer le maximum de clients. Les opérateurs semblent réaliser que seuls les investissements de grande envergure pourraient se solder par un résultat concluant. Les budgets alloués à la communication, l’amélioration des services et l’extension des réseaux ont quasiment doublé en deux ans.


La Société des télécommunications de Guinée (Sotelgui), longtemps restée sur ses lauriers par manque d’adversaires compétitifs, est devenue première en la matière. Avec un investissement record de 240 milliards de francs guinéens (36,4 millions d’euros) en 2007. De son côté, le nouvel opérateur GSM du groupe américain Cellcom, qui a injecté plus de 100 millions de dollars en 2008 pour la première phase de ses activités, garde jalousement le montant exact à débloquer pour les prochaines années.


Toutefois, le montant promotionnel historique de 650 millions de francs guinéens qu’elle promet aujourd’hui à ses clients laisse entrevoir des investissements non moins négligeables à l’avenir. « Le jeu de la concurrence apporte de nombreux avantages à la société guinéenne. Les opérateurs téléphoniques sont ainsi obligés d’innover pour offrir les meilleurs produits et services à des prix compétitifs, adaptés pour tous », explique le directeur général Hanoch Dombeck.


Avec aujourd’hui plus d’un million d’abonnés et 52% de parts de marché, Areeba caracole en tête de liste devant l’opérateur national, la Sotelgui, qui enregistrait 600 000 abonnés au GSM et 25 000 pour le câble.


Dans ses prévisions, Orange Guinée, l’une des dernières à s’installer et qui se taillerait la 3e place, parle d’une enveloppe financière de 180 millions d’euros à investir au cours des cinq prochaines années.

Explosion du parc d’abonnés


La concurrence dans laquelle ces opérateurs sont engagés est à double facette. Pour les derniers à s’installer, Orange et Cellcom, par exemple, il s’agit de conquérir une part importante d’un marché déjà occupé par les premiers arrivés. Et pour d’autres, la Sotelgui et Areeba, notamment, il faut confirmer sa suprématie dans le secteur.


Apparemment, chacun y trouve son compte. Le parc d’abonnés a littéralement explosé. A telle enseigne qu’une franche partie des Guinéens se targue d’avoir un téléphone. Combien sont-ils ? Le Ministère de la communication et des nouvelles technologies de l’information ne peut répondre avec exactitude à cette question. Les chiffres disponibles émanent des acteurs du terrain.


Lors du lancement de ses activités en avril 2006, Areeba s’était fixé trois objectifs. « Décrocher la place de leader du GSM en Guinée, optimiser les procédures de la société afin de mieux servir la clientèle en suivant les normes et les standards de son groupe partenaire MTN, satisfaire ses clients pour atteindre un CSI (Customer Satisfaction Index) de 75%. » C’est en partie chose faite.


Avec aujourd’hui, plus d’un million d’abonnés et 52% de parts de marché, la société caracole en tête de liste devant l’opérateur national, la Sotelgui, qui enregistrait 600 000 abonnés au GSM et 25 000 pour le câble. Orange affirme avoir 22% du marché avec 450 000 abonnés en 2008. Intercel assure, pour l’instant, la couverture d’une vingtaine de villes du pays.


Son avantage est qu’elle détient le monopole du segment entreprise avec plus de 5000 abonnés corporate sur un total de 200 000 abonnés. Le directeur général, Djibril Tobe, mise sur « le cap de 500 000 clients cette année ».

L’aventure Internet


Chaque société explore la piste des technologies de pointe. Areeba, filiale de Investcom, société libano-monégasque, en dépit de son intégration dans la constellation MTN, n’arrive toujours pas à assurer un bon décollage de son Internet mobile lancé en 2007.


Seules deux sociétés ont réussi à s’aventurer avec succès dans l’option « voix et Internet », et tirent leur épingle du jeu. Orange avec la 3G et la Sotelgui avec la technologie sans fil, le TDMA, connu sous le nom commercial de Loura+. Avec un tarif d’abonnement fixé à 2,8 millions de francs guinéens et une facture mensuelle de plus de 200 000 francs guinéens, Orange touche pour l’heure une clientèle triée. La Sotelguila Sotelgui s’apprête à lancer un second produit, le LouraMax, plus puissant et plus performant », dit-on. propose l’abonnement au Loura+ à 500 000 francs guinéens et la facture mensuelle à 140 000 francs.


Ce qui lui permet de gagner du terrain à cause de l’accessibilité du prix à la majorité des Guinéens. Les responsables estiment à plus de 3000 les clients qui font recours à ce produit. « Fort du succès que ce produit connaît,la sotelgui s'apprête à lancer un second produit, le louramax, plus puissant et plus performant, dit on.


Malgré un climat des affaires très instable entre 2006 et décembre 2008, le secteur de téléphonie en Guinée a bougé. Grâce en partie à une stratégie de marketing agressive. Et rien ne présage un répit, d’autant que le gouvernement de transition vient d’octroyer une 6e licence GSM.


Source : lesafriques.com