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19 octobre 2009

Les opérateurs mobiles seront-ils balayés par la voix sur IP ?



La possibilité de téléphoner en voix sur IP sur mobile arrive chez les opérateurs. Cela va-t-il révolutionner leur activité à l'instar de la voix sur IP pour les opérateurs fixes ? Pas pour l'instant, selon la Deutsche Bank.


Depuis que la commission américaine sur les communications, la FCC (Federal Communications Commission), a annoncé son intention d'appliquer à la téléphonie mobile les principes de la neutralité du réseau « net neutrality », les opérateurs, américains mais aussi européens, craignent que l'ouverture forcée de leurs réseaux aux logiciels de téléphonie « gratuite » sur IP ne viennent les déstabiliser.


A lire les premières études publiées sur le sujet, cette crainte paraît exagérée. Et ce des deux côtés de l'Atlantique.

Dans une étude consacrée à l'impact de la VOIP sur la téléphonie mobile en Europe, la banque Deutsche Bank estime que les risques sont surestimés.

La forte croissance des revenus venant du trafic de donnée pourra venir compenser la baisse des revenus voix.

Dans un premier temps, la banque estime d'ailleurs que le développement de la VOIP pourrait être une bonne chose pour la téléphonie mobile ! La raison?

Pour utiliser ce type de logiciels, les abonnés doivent s'équiper d'un smartphone. Or le taux de pénétration de cette gamme de mobiles n'atteint que 10 à 15% en Europe et de 35% aux Etats-Unis.

La VOIP pourrait donc accélérer la migration de la clientèle vers les smartphones, généralement vendus avec des forfaits plus chers, comprenant l'accès à internet.

Ce type de clientèle, en raison d'une consommation plus élevée d'échange de données, génère aussi pour les opérateurs un revenu moyen par abonné plus important.

A moyen terme, on pourrait donc voir se constituer un parc important d'abonnés mobiles équipés d'un smartphone pouvant donc basculer sur un logiciel de VOIP.

Ce pourrait donc être un risque. Mais la Deutsche Bank souligne que, sauf en cas de changements imposés par la réglementation sur la constitution des offres d'abonnement, l'impact sera de toute façon peu important compte tenu de la structure du marché.

Si la France est un cas particulier avec une prédominance des formules au forfait (68% du parc abonnés), en Europe ce taux n'est que de 45%, alors que tous les opérateurs cherchent à faire migrer leur clientèle vers ce type de formule qui permet notamment d'abaisser le taux de churn.

Or les forfaits servent à vendre un volume de minutes de communications et, maintenant, l'accès à internet. L'impact de la VOIP à l'intérieur d'un pays semble donc marginal.

D'autre part, les baisses tarifaires imposées sur le trafic (voix et données) intra-européen limitent significativement l'intérêt des logiciels dits de téléphonie « gratuite».

L'étude de la Deusche Bank souligne d'ailleurs que le coût d'utilisation de ces logiciels n'est pas forcément moins cher que le prix de la minute pratiquée par les opérateurs.

L'expérience en Grande-Bretagne de l'opérateur 3 UK semble le montrer. Cet opérateur permet déjà à ses abonnés d'utiliser Skype, mais les tarifs seraient assez similaires à ceux d'une communication classique.

De plus, cette offre n'a pas produit d'effet significatif sur ses prises d'abonnement.

Enfin, l'étude souligne aussi que la qualité, encore insuffisante, des réseaux 3G sera un frein au développement de la VOIP.

La VOIP sur mobile pourrait donc n'être qu'un marché de niche. Dans le fixe, Skype, qui revendique quelque 405 millions d'utilisateurs, est surtout utilisé pour les communications internationales, un segment dans lequel il représenterait environ 17% du trafic.

Enfin, rappelons qu'AT&T a annoncé l'ouverture de son réseau mobile à Skype, devançant ainsi les décisions que devrait prendre la FCC en matière de « net neutralité » dans le mobile.

A la fin du printemps, l'opérateur avait autorisé l'utilisation de Skype sur l'iPhone, mais uniquement par l'intermédiaire de connexion Wifi. En Europe, des rumeurs indiquent qu'Orange pourrait lancer prochainement une offre.

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